En arrivant à l'entrée du bourg, le ton est donné : une énorme tour se dresse fièrement, dominant l'horizon et trahissant l'importance passée du site. Nous progressons vers l'édifice, mais la discrétion est de mise, car nous constatons rapidement que le lieu attire encore les regards et le passage. Finalement, nous parvenons à nous glisser à l'intérieur par une porte de chantier laissée ouverte.
À l'intérieur, le dépouillement est saisissant. Il ne reste que l'ossature de cette imposante forteresse qui, façonnée du XIVe au XIXe siècle, a traversé les âges sous l'égide d'une illustre lignée aristocratique. Si les pillages et le temps ont vidé les pièces, l'âme du château survit dans les détails : les boiseries d'époque, les peintures murales délavées et les magnifiques cheminées témoignent encore de l'esthétique raffinée qui avait pris le pas sur la fonction militaire.
Sa position stratégique, qui offrait autrefois un contrôle total sur la région, ne propose plus aujourd'hui qu'une vue silencieuse sur les paysages alentours. Le destin du site a basculé à la fin des années 1950, lorsque le dernier héritier de la famille s'en est séparé pour qu'il soit transformé en établissement hospitalier.
Depuis les années 1990 et son rachat par un propriétaire privé, l’activité humaine s’est retirée. Malgré la fragilisation de l’édifice, la noblesse des matériaux restants, ce bois et cette pierre qui refusent de céder, rend l'atmosphère de cette carcasse architecturale particulièrement émouvante. La nature, patiente, poursuit son lent travail de reconquête sur ce géant de pierre désormais endormi.
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