Pour atteindre ce vestige de l’hôtellerie, la prudence est de mise. Nous laissons le véhicule à bonne distance pour finir l’approche à pied, longeant la départementale à l’abri des regards. Le passage à travers les ronces est le prix à payer pour rester invisibles. À notre arrivée, la tension monte : un homme s'affaire dans le jardin voisin. Dans un silence absolu, nous profitons d'une fenêtre brisée pour nous glisser à l'intérieur de la carcasse de pierre.
Une fois le seuil franchi, le temps s'arrête net. Nous ne sommes pas dans une simple ruine, mais dans une véritable scène figée. La salle de restauration semble attendre ses clients, tandis que le bar, élément central et spectaculaire de l’exploration, trône encore fièrement avec ses étagères chargées de bouteilles. Les cuisines, elles aussi, conservent l'empreinte d'un service qui s'est arrêté brusquement. Tout est resté "dans son jus", protégé de la lumière par la poussière des années.
En montant à l'étage, l'atmosphère s'alourdit. Si le rez-de-chaussée conserve un charme nostalgique, les chambres révèlent la face sombre de l'histoire du lieu. C'est ici que le destin de l'établissement et celui de sa propriétaire s'est scellé. Entre l'insalubrité et le non-respect total des normes de sécurité, la situation a largement dépassé le cadre d'une simple fermeture administrative. L'obstination ou la négligence ont mené à une issue judiciaire radicale : la propriétaire a fini sa course derrière les barreaux, laissant son hôtel et ses souvenirs dériver dans l'oubli.
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